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Full text of "Les Orgues-melodiium d'Alexandre, pere et fils : Exposition universelle de 1855"

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LES  ORGUES  MELODIUM 

D’ALEXANDRE  PÈRE  Si  FILS 


1*  PARTIE  PAR  M.  AD  ADAM  MEMRRE  DE  L’INSTITUT 

•2.'  PARTIE  PAR  M.  FRELOA 


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À  MONSIEUR  HELLMESBERGER 


PRESIDEAT  DI'  JURY 


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Kxposilion  iiiiivtM'solic  «h*  lî{i>;>. 


PA  lus, 

Clll'Z  AI,i:\4M)lîl-  PÈIIK  i:t  fii.s. 


«UK  MKSHV,  .>!). 


IMPRIMÉ  A  PARIS. 


L.KN  DK!>tllV<4. 

ftiU7.  LeHtnciea,  lilhographe . 
rue  de  Seine,  .S7. 


l-r.H  TEXTCM. 

ehez  WirTtBflitriit ,  typographe, 
me  Mmilmorency,  K. 


OHGIES  EXPHESSIVES. 

PIANOS- MÉLODIl’M.  —  PIANOS  A  PROLONGEMENT. 
PIANOS-LISZT. 


Première  partie,  par  M.  Ad.  ADAM,  membre  de  l’Institut; 
Deuxième  partie,  par  M.  FRELON. 


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PRE3IIÉRE  PARTIE. 


Ce  serait  une  belle  œuvTc  à  entreprendre,  à  laquelle  ne  manqueraient  ni  l’émotion,  ni 
l’intérêt,  ni  l’enseignement,  que  l'histoire  musicale  depuis  deux  siècles;  mais  pour  accomplir 
ce  travail,  la  patience  ne  sulTirait  pas,  il  faudrait  y  joindre  l’enthousiasme,  et  l’enthousiasme 
])ourrail  fatiguer,  s’il  n’était  encore  accompagné  d’une  foule  de  qualités  que  bien  peu 

d’écrivains  seraient  capables  de  réunir . Certes  ce  ne  seraient  pas  les  éléments  qui  feraient 

<léfaut  il  cette  œuvre,  pour  qu  elle  eut  le  caractère  multiple  qui  convient  à  tout  récit  avec 
lequel  on  prétend  plaire  et  persuader,  être  agréable  et  utile . 

Dc'puis  deux  siècles  en  effet,  l’art  musical  a  eu  des  héros  et  des  marhTS,  des  luttes,  des 
triomphes  et  des  abaissements,  ou  plutôt  des  oublis,  à  défrayer  un  poème  épique. 

Il  y  a  la  mélodie  et  riiarmonie,  il  y  a  Oluck  et  Piccini ,  il  y  a  l’école  allemande  et 
l’école  italienne,  il  y  a  de  pauvres  grands  hommes  qui  meurent  ulcérés  et  misanthropes  et 
il’anircs  grands  hommes  qui  vivent  presque  millionnaires  et  peinent,  ou  pou  s'en  faut,  saluer 
leur  statue  en  marhre  do  Paros  ou  eu  airain  de  Corinthe.  Malgré  ce  pêle-mêle,  raelion  marche 
droite,  animée  et  majestueuse  :  l’art  avance,  progresse,  arrive. 

liref,  au  lieu  d’un  combat  qui  finisse  faute  de  combattants,  c’est  une  marche  trioni]ihale 
dans  laquelle  se  confondent  et  s’unissent  tous  les  rivaux,  d’autant  plus  fiera  et  plus  heureux 
que  peraonno  n’a  suhi  l’Immiliation  de  la  défaite. 

Harmonistes  et  mélodistes,  ceux  qui  ont  la  science  et  ceux  qui  ont  le  sentiment,  tous 


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s’assemMent  dans  l'immense  concert  mi  clincnn  fait  sa  jiartie,  aux  applandisseinents  uni¬ 
versels. 

Mais  cette  histoire,  si  complète  qii’on  la  fit,  ne  laisserait -cl le  pas  une  lacune  rogrcttahle, 
si  l’on  se  contentait  de  mentionner  ceux  dont  la  pensée  a  charmé  le  monde,  sans  lenir  com|)tc 
de  ceux  qui  ont  quelquefois  a(|randi  cette  pensée  en  rinterprétant  et  de  ceux  ipii  souvent  ont 
fourni  les  moyens  de  la  faire  éclore?  Ne  sera-t-il  pas  juste,  à  côté  des  compositeurs,  de  faire 
marcher  les  exécutants?  ht  ne  devra-t-on  pas  auprès  de  ceux-ci  |ilacer  les  hahiles  facteurs  à  (pii 
ils  doivent  tant  ?  Et  si  nous  inscrivons  sur  la  mèmehaunièro  les  nomsdelieethovcn  et  de  Ilossini, 
de  Thalherg  et  de  Liszt,  ne  faut-il  pas  aussi  y  faire  fqpirer  ceux  d'Erard  et  de  l’Ieyel  ? 

Mais  alors  le  cadre  s’agrandit;  do  même  que  dans  les  temps  les  plus  reculés,  le  roseau  est 
devenu  tliitc,  l’écaille  de  tortue  s’est  transformée  on  lyre  ou  violon,  do  même,  juesque  de  nos 
joui-s,  l’épinetto  est  devenue  clavecin  cl  le  clavecin  s’est  fait  piano;  puis,  par  une  transforma¬ 
tion  étrange,  une  immense  machine  qui  est  un  édilicc  à  elle  seule,  s’est  réduite  aux  propor¬ 
tions  de  nos  demeures;  elle  est  devenue  un  meuhle  de  nos  a]q)arlemcuts;  l’instrument  de 
Dieu,  que  Dieu  seul  pouvait  avoir  dans  scs  temples,  est  devenu  le  commensal  de  l'artiste  et  sou 
comiiagnon  de  chaque  instant...  Mais  par  (piel  étrange  chemin  en  est-il  venu  a  ce  point?  C’est 
d’abord  un  joujou,  un  instrument  agaijant,  narquois,  taquin  entre  les  lèvres  du  gamin  de 
Paris...  puis  soudain,  que  dis-je,  soudain!  c’est  au  contraire  à  force  d’énergique  persévérance 
cl  do  patiente  observation  qu’il  devient  le  porte-voix  de  l'hymne  à  Dieu,  un  admirable 
orchestre  sous  les  mains  de  l'artiste  :  frère  cadet  de  la  guimbarde,  il  quitte  la  fête  du  village 
pours  im])lanlerau  salon  et  au  temple,  il  se  transforme  eu  frère  jumeau  de  l'orgue  d’église. 

Il  y  aurait  tout  un  poème  à  écrire  là-dessus  ;  mais  je  ne  suis  pas  un  Homère  et  je  no  ferai  pas  ce 
poeme.  Sans  essayer  d’écrire  cette  vaste  histoire  à  laquelle  il  faudrait  vouer'autre  chose  que 
I  activité  partagée  d'une  vie  trop  occupée  ailleurs,  j'essaierai  de  donner  un  apcirii  do  l'histoire 
de  I  art  musical  à  notre  époque,  en  faisant  la  monographie  d'un  instrument  ;  cet  instrument, 
ce  sera  Vurgue  expressif,  le  Mélodium. 


Eu  effet,  pour  que  cette  notice  ail  le  caractère  général  cl  le  but  élevé  que  j’aurais  l'ambition 
e  ui  donner,  il  faut  que  l’instrument  dans  lequel  se  personnifie  l'art  musical  moderne  rem¬ 
plisse  de  nombreuses  et  importantes  conditions.  Il  faut  que  ce  soit  un  instrument  à  clavier 
un  orgue,  et  qu’,1  puisse  rcmédier.à  la  monotonie  qu'il  produirait,  réduit  à  de  petites  propor- 
l.ons,  autrement  que  par  la  miiltiplicilé  des  claviers  et  des  registres;  il  faut  qu’il  soit  l’expres¬ 
sion  vraie  du  sentiment  de  l'artiste  ;  il  faut  que  son  emploi  soit  facile,  populaire,  universel  ; 

'  faut  qu  11  ait  aide  à  la  dilfusion  de  l’art,  en  le  mettant  à  la  portée  de  tous.  Il  faut  enfin  que 
ce  son  non-seulement  un  instrument  d'harmonie;  il  faut  encore  et  surtout  qu’il  so  prête  à 

a  mélodie,  en  se  rapprochant  du  type  éternel  cl  parfait  de  tout  instrument  de  musique  : 
la  VOIX  humaine . 


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Voilà  poiin|iioi  j’üi  choisi  le  Milodium;  citer  rinslnimont,  c’est  déjà  parler  de  ceux  qui  l’ont 
rendu  si  parlait,  c’est  nommer  MM.  Alexa-sdre  père  et  lils. 


Il  appartenait  au  xix‘  siècle,  qui  sut  mieux  que  tous  les  autres  mettre  la  matière  au  senice 
do  la  pensée ,  associer  l’art  et  l’industrie  i)Our  le  plus  yrand  prolit  et  le  plus  rapide  ])ro{;rès  de 
chacun  des  deux,  de  résoudre  un  pndilème  insoluhie  jusque-là,  de  concilier  deux  éléments  qui 
doivent  se  prêter  un  secoure  mutuel  :  l'harmonie  et  la  mélodie,  la  combinaison  et  le  chant,  de 
renilre  ahordahle  à  tous,  applicable  par  chacun,  ce  qui,  avec  les  instruments  incomplets  ou 
plutôt  spéciaux  que  l'on  possédait  auparavant ,  était  le  monopole  de  certaines  natures 
privilégiées. 

Ce  ne  fut  pas,  ou  le  comprend  bien,  sans  de  pénibles  tâtonnements,  sans  de  nombreuses 
transformalions  que  naquit  l’orgue  expressif,  mais  enfin  il  est  contemporain  de  ce  siècle. 

Vers  1810,  un  amateur  d'un  génie  inventif  et  persévérant  appelait  l'Inslitut  à  se  prononcer 
sur  l’essai  qu’il  venait  de  faire  d’un  petit  orgue,  au  moyen  duquel  on  pourrait  obtenir 
l'expression  qu’on  avait  tenté  vaiueraent  jnsque-là  de  donner  à  la  grande  et  puissante  xoix 
de  rorguc  ;  quelque  imparfait  qu’il  put  être,  ce  premier  essai  était  déjà  uu  immense  progrès; 
aussi  fut-il  accueilli  par  uu  rapport  favorable  de  l'Institut,  et  .M.  Gremé  construisit  quelques 
inslrumcnls  d’après  son  nouveau  système.  Mais  il  est  à  peu  près  impossible  qu’une  invention 
sorte  de  la  tête  de  son  auteur  armée  de  toutes  pièces,  c'est-à-dire,  des  perfectionnements 
qui  la  rendent  utilement  exploitable...  La  plupart  du  temps,  ce  n’est  qu'un  germe;  il  a 
besoin  d'êire  fécondé,  augmenté,  mis  en  œuvre  par  le  temps,  la  patience,  le  travail,  cl 
le  talent  qui  se  l'approprie;  c’est  à  ces  conditions  seulement  qu'une  expérience  curieuse 
arrive  à  obtenir  un  résultat  positif. 

Il  en  fut  ainsi  de  rinsirument  qui  nous  occupe...  Si  l’ancbo  libre  qui  fut  la  clé  do  voûte 
de  l’orgue  expressif  de  M.  Grexié  est,  depuis,  restée  la  base  de  l’Orgue  Piano-Mélodium, 
ce  n’est  qu’apros  avoir  subi  bien  des  phases  et  bien  des  vicissitudes,  à  ce  point,  que  ce  noble 
instrument  artistique  dut  descendre  à  l'état  de  jouet  d’enfaut  pour  obtenir  scs  premiers 
succès.  —  En  cll'ct,  le  système  Grexié  ne  reçut  pas  en  quelque  sorte  d'ap]ilicalion,  la  faveur 
du  monde  musical  lui  fit  défaut,  les  difficultés  d’exécution  empêchèrent  les  artistes  de  s’y 
dévouer  et  la  popularité  lui  manqua.  —  Cependant  en  Allemagne  on  fabriquait  sur  celte 
donnée  do  petits  instruments  dont  la  diversité  indique  l’existence  éphémère...  On  les  appela 
physarmonica,  æolodium,  etc.,  etc.  L’imitation  qui  eu  fut  faite  en  France  eut  plus  do  succès 
et  notre  illustre  facteur  d’orgues  à  tuyaux,  M.  Cavaillé-Coll,  inventa  le  l’oikilorgue . mais 


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préoccupe  de  choses  plus  importaules  pour  lui,  M.  Cavaillé-Coll  abaiulonua  celte  nouvelle 
applicalion. 

Un  spéculateur  adroit  s’était  emparé  de  ridée-mcrc  de  l’orQue  l'xpressif,  l’anche  lihrc  : 
il  en  lit  d’abord  une  sorte  de  diapason  nommé  ty])olone;  puis  ou  joignit  à  cette  lame  unique 
d’autres  lames  qu’on  faisait  parler  en  soulllaut  dans  de  petits  trous  pra(i(iués  dans  le  bois  (pii 
les  recouvrait. 

C’est  le  produit  avorté  de  l’orgue  espressif,  cette  apidicaliou  indigne  et  mesquine  de  l’anche 

libre  qui  sut  conquérir  la  faveur  piqmlaire;  c’est  de  cette  humiliante  position  que  durent  la 

relever  ceux  qui  l’estimaient  à  sa  juste  valeur. 

La  réhabilitation  ne  fut  pas  soudaine,  tant  s’en  faut;  l’harmonica  (c’était  le  nom  délinilivc- 
ment  adopté)  resta  d’abord  harmonica,  puis  devint  accordéon....  (Jnoique  infime  que  fut  cet 
instniment,  sa  créatiou  ne  fut  pas  cependant  sans  profit  |)our  l’art  musical  qu’elle  tendait  à 
populariser...  .Aussi  l’accordéon  fut-il  accueilli  jiar  un  véritable  enthousiasme  sinon  artistique 
du  moins  populaire... 

Mais  il  est  des  gens  auxquels  ne  suffit  pas  la  vogue  commerciale:  de  ce  nombre  était 
AI.  ALEx.vxDnE  père,  qui  avait  fondé  sa  maison  en  1829  et  qui  développa  et  perfectionna  sa 
fabrication  par  d’heureuses  innovations.  L’harmonica  devenu  accordéon  s’éleva  peu  à  peu 
sous  les  noms  de  concertina  et  d’organino  jusqu’à  sa  forme  typique,  perdue  assez  longtemps 
et  méconnue  sous  son  nom  originaire  et  pourtant  plus  vrai  d’orgue  expressif. 

Cinq  ans  apres  sa  fondation,  c’est-à-dire  en  1831,  la  maison  ALEXAXDnE  exposait  un  instru¬ 
ment  à  deux  jeux. 

Ces  résultats  no  suffisaient  pas  pour  satisfaire  l’ambition  de  AI.  ÉDoumn  Aeexamire  fils, 
enfant  encore,  mais  voué  déjà  à  l’art  auquel  son  nom  devait  plus  lard  rester  indissolublement 
hé.  Son  génie  inventif  rêvait  déjà  ce  qu’il  a  réalisé  depuis...  mais  fit  faôricando  faùer:  avant 
d  inventer,  il  faut  savoir  imiter;  c’est  le  seul  moyen  d'avancer  d’un  point  donné  et  de  ne  pas 
revenir  sur  scs  pas.  Il  faut  tenir  compte  do  ce  qui  existe;  c’est  à  cette  condition  que  les  Ira- 
\aux  des  générations  antérieures  profitent  aux  générations  qui  les  suivent.  L’artiste  indus¬ 
triel  qui  voudrait  créer  de  lui-même  sans  étudier  ce  qu’on  a  produit  avant  lui,  se  préparerait 
un  travail  herculéen,  puisqu’il  devrait  tout  reeonsli-uire  par  la  force  de  sa  pensée.  Il  s’expose¬ 
rait  aussi  à  do  singulici-s  mécomptes,  il  userait  son  génie  à  vouloir  deviner  ce  ([ui  lui  était  si 
facile  d  apprendre  par  1  étude,  et  il  risquerait  do  n’inventer  que  ce  qui  aurait  déjà  été  inventé; 

le  tout  pool  a\oii  méconnu  la  xérité  proclamée  par  Drid’Oison:  «  On  est  toujours  le  fils  de 
gucliju’un  I!  n 


—  it  — 

Aussi  M.  riurirAiU)  Ai,i:\AM)nE  se  mit-il  (■ouraf'oiiscmciil  u  étiulier  les  procédés  employés  jiis- 
ipj’iiloi'S,  no  clicrclianl  d’alioril  qu’à  rendre  Ijon  ee  q{ii  était  médiocre,  qu’à  faire  excellent 
ce  qu’on  avait  fait  lion,  qu’à  rendre  parfait  ce  qu’on  avait  produit  d’excellent. 

Au  son  dur  et  nasillard  des  premières  orques  expressives,  il  fallait  substituer  la  douceur, 
la  suavité,  le  moelleux  des  reqistres,  il  fallait  aussi  obtenir  la  facilité  du  clavier,  question  si 
importante  pour  l'exécutant... 

Il  y  arriva  !  ! 

I.es  instruments  sorbant  do  la  manufacture  Ai-examiRe  pore  et  fils  passaient  pour  les  meil¬ 
leurs:  chacun  les  proclamait  |)arfaits,  et  cependant  .MM.  .Alexaxure  père  et  (ils  comprenaient 
qu’il  manquait  encore  quelque  chose  pour  assurer  à  l’instrument  la  popularité  dont  il  jouit 
aujourd’hui  et  surtout  pour  lui  conquérir  le  suffrage  exclusif  des  maîtres. 

MM.  \i.EXAXDRE  père  et  fils  se  mirent  donc  à  perfectionner  les  timbres  et  à  expérimenter 
les  découvertes  nouvelles;  a]irès  des  es.sais  vainement  tentés  par  plusieurs  facteui-s,  l'un  d'eux 
venait  d’acquérir  un  graml  titre  à  la  reconnaissance  des  artistes  [lar  l'heureuse  application  des 
registres  de  l'orgue  d'église  à  l'orgue  à  anche  libre....  Par  cet  ingénieux  jirocédé,  l’orgui“ 
expressif,  doué  de  plusieurs  jeux  parlant  ensemble  ou  séparément  sur  un  seul  claxier,  était 
constitué  en  principe. 

Dès  lors,  le  |)ublic  artistique  accorda  une  attention  si  sympathique  et  si  prononcée 
au  nouvel  instrument,  que  sa  fabrication  prit  une  extension  considérable.  MM.  Alexavdre 
père  et  fils  durent  fonder  un  nouvel  élalilisscment  plus  en  rapport  avec  l'importance 
et  le  nombre  do  leurs  produits;  le  siège  de  leur  maison  fut  transféré  boulevard  lionnc- 
A'ouvelle,  10. 

L’indication  de  ce  fait  a  une  grande  importance,  car  il  correspond  à  une  nouxelle  phase  do 
riiistoirc  du  Mclodium  :  sa  lutte  avec  tous  les  instruments  basés  sur  le  même  principe  et  sa 
victoire  décisive. 

Les  orgues  à  anches  libres  avaient  un  grand  défaut  ;  le  son  arrivait  lentement,  le  temps 
que  mettait  le  veut  à  faire  vibrer  la  lame  métallique  laissait  toujoui-s  un  petit  iutcnalle  entre 
l’attaque  de  la  touche  et  l'émission  du  son. 

Les  morceaux  largos  convenaient  donc  parfaitement  à  l'instrument,  mais  les  mouvements 
rapides,  les  détachés  étaient  à  peu  près  inc.xécutables. 


3 


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I  J1  l'iiclom-  (l'oryues  des  plus  inkdlij'eiils,  doveim  depuis  céliduv,  M.  Mahtin  de  Provins  se 
préoeeupaif  vivcmeul  do  colle  didicullo  (pi'il  surnionla  enliii....  C'élail  le  piano  tpd  doyaii 
fournir  des  armes  pour  vaincre  celte  dilliculté.  Les  marteaux,  an  lieu  d'alUupier  une  corde 
iraient  frapper  sur  la  laiifruette,  la  feraient  parler  inslanlanément ,  et  le  vent  précéilé  conli- 
mierait  le  son.  Ce  système  fut  nommé  par  son  aiilenr  :  l'Eiicrssiox. 

Ce  fut  un  résultat  immense. 

Lh  Inen  !  celte  .Iccouveric  risqua  fort  de  rester  stérile,  elle  fut  même  plusieurs  années  sans 
application  définilivo  et  peut-être  était-elle  perdue  à  jamais,  lors.pic  M.  Maiitix  eut  riieureuse 
pensée  do  l'oIlVirà  >1M.  Ai.Kxvxnai;  père  et  iils.  Ceux-ci,  on  cens  expérimentés,  reconnurent 
tout  do  suite  la  valeur  de  rinvention,  ils  s'attachèrent  M.  MAnrix  de  Provins,  et  appliquèrent 
son  heureuse  découverte  à  leuiii  inslruinenls.  Le  Mélodium-Mexandre  n'avait  plus  à  craindre 
de  rivalité. 


Le  domaine  déjà  si  vaste  do  cet  insirumoni  ne  connaissait  j.lus  de  limites  :  toute  musique  lui 
était  accessihie,  même  la  plus  vive  et  la  plus  lé(;ère.  L’orque,  qui  na,;uère  ne  se  prêtait  qu'aux 
andanu,  dtnenail  également  apte  à  interpréter  les  mouvements  les  ,,lus  rapides.  Avec  les 
résultats  déjà  acquis,  tout  autre  facteur  aurait  pu  ne  songer  qu'à  produire,  pour  se  mettre  au 
niveau  des  hesoins  de  la  consommation  et  s'assurer  une  fortune  hrillanle  et  rapide.  C’était 
certes  une  ambition  avoualde;  mais  elle  n'était  pas  à  la  hauteur  des  désirs  de  MM.  Ai,EXAMmr 
pere  et  his.  Ces  habiles  facteurs  voulurent  non-seulement  faire  progresser  un  art  dont  ils 
c  aient  les  fervents  promoleui’s,  mais  encore,  ils  ne  reculèrent  devant  aucun  sacrilico,  pour 
qu  aucune  maison  ne  put  remporter  sur  la  leur....  lislirent  donc  tout  pour  pouvoir  réunir 
a  leurs  propres  perfectionnements  ceux  que  les  autres  apportaient  à  l'instrument,  et  ce 
résultat  lut  tel,  que  bientôt  tous  les  artistes  s’enviaient  et  se  disputaient  la  satisfaction  de 
conscience  de  faire  valoir  ceux  qui  sortaient  de  leurs  ateliers. 

L  expression  à  la  main,  le  prolongement  des  sons,  forment  un  ensemble  qui  rend,  aujour- 
*1  luii,  le  Mélodiiim  iiTéprocIialjlo. 


L  expression  à  la  main  gauche  est  le  moyen  de  remédier  à  l’inconvénient  résultant  de  la 
trop  grande  sonorité  des  basses,  par  rapport  avec  le  .legré  d'intensilé  des  notes  supérieures 
auxquelles  est  j.resquc  loujou,^  confiée  l'interprétation  des  phrases  mélo.liques. 

Le  prolongement  des  notes  de  l'orgue,  sans  avoir  les  mains  sur  le  clavier,  est  certainement  le 
P  us  riche  eflet  musical  qu'aucun  instrument  possède.  Il  ,,ermct  de  reproduire  sur  un  seul 
ms  1  liment,  des  ellcis  que  1  on  ne  pouvait  obtenir  qu'à  l'aide  de  cette  réunion  de  tous  les 
mslruments  que  l'on  nomme  l'orchestre.  L’orchestre  seul  peut,  on  cll'et,  faire  entendre  celle 


(louliln  conilmiaisoii  da  sons  lonus  et  lids,  cl  lic  sons  |)i(|ucs  ot  (Idtaclios  sur  Ins  mnmns  notes  et 
an  nintnn  ilia|)ason.  Ainsi,  l’on  trouve  souvent  dans  une  |)artifion  la  disposition  suivante  :  les 
altos,  lestoi-s,  les  bassons  et  (|ueli|uefois  les  (  larinetles  |)iati(pient  des  tenues  dans  l'étendue 
de  plusieuis  octaves,  [lendant  cpie  dos  inéloilics  ondes  dessins  parcourent  toute  l'écliellç  des 
sons,  passent  par-dessus  les  notes  tenues,  qui  se  bornent  à  accuser  I  barmonie  sur  laqnidle  sont 
disposes  ces  nieloilies  et  ces  dessins.  Il  est  facile  de  se  convaincre  i|u’un  tel  elfet  ne  peut  être 
obtenu  que  par  la  réunion  d'un  jjraud  nombre  d'instruments. 

.Avant  CO  |)ro(;rés  réalisé,  celui  cpji  aurait  proposé  d’obtenir  nn  résultat  analogue  sur  un  seul 
instrument  et  avec  un  seul  e.xéculant,  aurait  pu  être  accusé  de  formuler  une  i)roposilion 
insensée. 

iNoji-seulemcnt  nous  devons,  dans  les  orgues,  d’immenses  ])rogrés  à  .MM.  Ai.rwNnnE  pere 
et  lils,  mais  encore  devons-nous  les  léliciler  pour  de  nouveaux  axantages  qu’ils  xiennent  de 
donner  au  piano. 

S'il  est  vrai  (|uc  l'art  musical  doive  en  quelque  sorte  scs  premiers  progrès  a  l'orgue,  le  pre¬ 
mier  et  le  plus  ancien  de  tous  les  instruments  à  clavier,  il  est  également  incontestable  (|ue  ce 
que  le  clavier  avait  fait  pour  l'art  des  son  enfance,  il  devait  le  faire  encore  pour  l'art  arrixé 
à  sa  plus  haute  expression;  ce  (pic  l'orgue  a  commencé  le  piano  l'a  continué.  Sou  usige 
général  a  ou  une  très-grande  iulluence  sur  l'art  de  la  composition.  Les  compositeui-s  non- 
jiianisles  sont  rangés  dans  la  plus  grande  exception,  et  il  sullira  de  citer  les  noms  de  llavdn, 
Mo/.ai'l,  Beelliovcn,  Weber,  llerold,  lîoieldieu,  Uossini,  Mcyerbcer,  Auber,  llalexy ,  Ambroise 
Thomas,  tous  excellents  pianistes,  pour  convaincre  les  plus  incrédules  que  la  pratique  de  cet 
instrument  a  dù  contribuer,  pour  une  grande  pari,  à  la  xariété  et  à  la  richesse  des  combi- 
nai.sons  qui  brillent  dans  leurs  (ouvres.  Cependant,  malgré  tous  les  senices  que  rendait  le 
piano,  il  n'est  pas  un  artiste  qui  n'ait  ivgretté  (pi'il  lui  manquât  la  faculté  de  [indonger  les 
sons,  et  de  même  qu'on  disait  naguère  de  l'orgue  :  il  lui  manque  l'expression,  de  même  pour¬ 
rait-on  dire  du  piano  qu'il  serait  parfait  s'il  pouvait  prolonger  des  sons.  Ilien  des  tentatives 
ont  été  faites  pour  arriver  à  ce  résultat;  la  jiliis  heureuse  est  celle  de  M.  Ld.  Alexamire,  et  ce 
n  est  jilus  un  essai,  c'est  un  fait  acquis  et  complet. 

Il  est  impo.ssihle  de  préxoir  toutc’s  les  ressources  que  d'habih^s  virtuoses  sauront  tirer  de  ce 
moyen  nouveau  et  fécond.  Liszt  en  fut  tellement  émerxeillé  (pi'il  comprit  que  l'homme  qui 
axait  trouvé  ce  moj en  était  celui  qu'il  désirait  jiour  la  construction  d'un  instrument  (pii  lut  a 
la  hauteur  do  son  génie  et  de  son  talent  d'i'xéention.  MM.  Aucx.xMmi;  père  et  lils,  ipii  ne 
reculent  devant  aucun  sacrifice  et  aucune  dilliculté,  loi-sqn'il  s'agit  de  propager  une  idée  neuxe 
et  hardie,  construisirent  ce  (  hef-(r(euvre  qn'on  a  pu  admirer  dans  lenis  salons  et  qu'ils  ont 
baptisé  du  nom  de  l’iano-Lbzl ,  [lour  rendre  hommage  à  l'initiatixc  du  céhdire  artiste,  et 


12 


coninir  si  ce  magnilnuK'  niivraj'c  ii'olail  pas  en  ipiehine  soi'le  le  r’(''snmé  de  (nus  les  propivs 
eide  (nus  les  peerecdioiiiiemenls  aeenm[)lis  pae  la  iiiaison  père  e(  Mis. 

('.ninprenanl  (pie  la  vie  d'un  lioninie  sulIK  à  peine  imur  l'Ire  eonsaen'c  à  rinslrninenl  dont 
ils  nul  rêvé  la  perfection,  MM.  Ai.KWMmi;  pi're  el  lils  ont  en  le  lion  esprit  de  ne  pas  se  faire 
faelenrs  de  pianos,  ils  ont  [iris  un  excellent  inslrninenf  d'iürard  [loiir  lui  appliipier  lonti's  leurs 
invenlions.  Si  rimportanee  el  la  nuilliplieilé  tiu'une  d('s  ressources  de  ce  clief-d'o'uvre  l'emi»^- 
eheiit  do  devenir  populain',  il  n'en  sera  jias  moins  le  [irineipe  de  deux  grandes  innovations, 
le  l’iauo  à  vilirations  prolongées  el  le  riano-Mélodinm. 

On  peut  prédire  à  ees  deux  iusirumeuls  un  sncecs  assuré,  et  dans  un  temps  plus  ou  moins 
idoijjné,  le  piano  ainsi  modiliésera,  au  piano  ([ue  nous  eonnaissons,  ce  (|ue  celui-ci  a  été  au 
(daveein  qu'il  a  détii'iué  [lour  le  rem|dacer  universellemeul. 

l’our  résumer  les  services  rendus  à  l'art  par  MM.  ALEXAximF.  et  l'importance  de  leurs  décou¬ 
vertes  cl  de  leurs  ajqilicalions,  ra|ipclons  (jue  toute  musiipie,  quelle  que  soit  la  grandeur 
de  sa  conceplion,  (pielque  nomlireux  ([ue  soienl  les  moyens  d'exécution  préparés  par  le 
eomposileur,  doit,  pour  être  accessilde  à  tous,  [louvoir  se  réduire  aux  ressources  d'un  instru¬ 
ment  à  clavier,  un  piano  ou  un  orgue.  Or,  à  l'im  manquait  la  tenue  des  sons,  ce  qui  excluait 
I  interprétation  parlaite  de  la  musique  harmonique;  à  l  autre,  l’absence  d’expression  inter¬ 
disait  le  plus  grand  (diarme  que  puissent  emprunter  de  ce  secours,  les  phrases  mélodiques, 
(■race  a  MM.  Vi.r.x ixnai; ,  l'orgue  et  le  piano  se  sont  complétés  l’un  par  l’autre,  lîéunis  ou 
siqiares,  ces  deux  iusirumeuls  ollrent  désormais  au  compositeur  des  ressources  complides  : 
rien  de  ce  (|ui  sortira  de  sa  pensée  ne  peut  échapper  à  la  possibilité  do  leur  interprétation. 
\’a\ais-je  donc  pas  raison  de  dire,  au  commencement  de  cette  notice,  que  l'hislnire  de  l’art 
a  notre  époque  pouvait  se  résumer  dans  la  monogra]due  d'un  instrument,  juiisque  désormais 
le  nom  do  MM.  Ai.Exiximr.  se  rattache  également  aux  perfcclionnemenis  de  l’orgue  el  du  piano, 
ees  deux  interprètes  certains  de  toute  pensée  musicale? 

.Si  I  enthousiasme  artistique,  si  la  reconnaissance  de  l'art  pouvaient  s'épancher  librement 
sans  qu  on  dût  les  accuser  d'être  l’expression  d'un  sentiment  d'indulgente  camaraderie,  je 
signalerais  au  jury  de  1  Exposition,  comme  digne  dos  plus  hautes  récompenses  dont  il  est  le 
dispensateur,  nn  élahlissement  à  qui  l'art  et  les  ai'listes  doivent  tant.  Mais  ne  vaut-il  pas 
rnii'ux  laisser  I  é\idence  accomplir  son  œuvre,  et  rimjiarlialilé  éidairée  de  jiig(‘s  si  conqu''- 
tenls  a-t-elle  besoin  d'être  guidée?  Les  faits  ne  parlent-ils  pas?  Ne  voit-on  pas  tout  ce  ([ui  est 
;;rand  et  artiste  recourir  aux  Ai.ex.\xi)IU'  père  et  fds,  dès  (pi’il  s’agit  de  construire  nn  instru¬ 
ment?  Lst-il  nue  commune,  un  hameau  si  déshérités,  (jue  leur  modeste  église  ne  veuille 
posséder  un  Melodium-Alexaudre?  Kst-il  un  salon  musical,  un  concert  de  quelque  valeui’  où 
I  on  no  voie  lignrer  ces  excellents  instruments?  Là  est  le  succès,  là  est  le  triom|ihe,  là  est  la 


13 


pnîuvi!  (1(!  la  viiloiir  et  du  rtiùriU-  du  toutes  les  iiivenlions,  de  tous  les  perfectionnements  dont 
je  n’ai  |ju  tracer  (pi’iiii  rapide  upen.u. 

•le  n’ai  examine  (juo  le  ct)U;  artistique  du  Mélodium  ,  Je  laisse  à  un  artiste  de  talent, 
M.  l'rii;]  .ON,  le  soin  de  constater  Itss  résultats  matériels  de  ce  succès;  plus  spécial  que  moi,  il  a 
pu  suivre  et  rinstriimeut  et  la  maison  dans  toutes  leurs  péripéties;  on  voyageant  pour  l’Orj'ue- 
Alexaudre,  il  a  |)U  constater  l’immense  sensation  produite  à  i’étranjjer  par  les  instruments 
de  MM.  Ai.r.xANimiv  et  connaitre  les  relations  qu’ont  su  se  faire  ces  halules  facteui's  dans  les 
premières  cités  musicales  et  commen  iales  du  monde  civ  ilisé.  Auteur  de  la  meilleure  méthode 
de  Mélodium  qu’on  ait  encore  publiée,  M.  rnr.uiN,  qui  a  si  bien  étudié  les  perfectionnemeuts 
et  les  inventions  de  MM.  ALF-XANimr.,  qui  pos.séde  à  un  def;ré  si  éminent  les  ressources  qu  on 
en  peut  tirer,  leur  payera  son  tribut  de  reconnaissance  commi'  arti.ste  et  cornons  exécutant, 
en  décrivant  plus  fidèlement  et  avec  plus  de  soin  que  mon  temps  et  peut-être  ma  capacité 
ne  me  permetlraientdelefaire,  tous  les  détails  qui  intéres.sent  un  établissement  dont  le  nombre 
et  la  perfection  des  produits  autorisent  à  placer  le  nom  de  scs  fondateurs  sur  ce  sommet  ou 
brillent  les  noms  célèbres  des  Eavitn,  des  Pleyki.  et  des  Bao.vmvoou. 


Au.  ADAM, 


Membre  de  riosUtut 


4 


I)ELXÏÉ3IE  PARTIE. 


Depuis  longtemps  voué  à  l'élude  de  l’Orgue  expressif  et  à  son  enseignement,  chargé 
pendant  plusieurs  années  de  représenter  en  Angleterre  les  intérêts  artistiques  de  la  maison 
ALEXivnnE  père  et  fds,  nous  sommes  heureux  de  pouvoir  accepter  la  mission  qui  nous  est 
conflée  de  décrire  tous  les  perfectionnements  apportés  par  cette  maison  à  la  facture  de 
l’instrument  dont  l’histoire  vient  d’ètre  tracée  par  la  plume  si  habile  de  M.  Adolphe  Adam. 

Cette  mission  toute  spéciale,  nous  l’acceptons,  parce  que  nous  avons  reconnu  que  parmi 
toutes  les  maisons  qui  se  sont  occupées  du  développement  artistique,  industriel  et  commer¬ 
cial  de  l'Orgue  expressif,  la  maison  Alexandre  père  et  Bis  a  su  réaliser  le  plus  de  progrès. 

M.  Ad.  An«i  a  dit  dans  quelles  larges  proportions  MAI.  Alexvxdrf.  père  et  fils  ont,  par  leurs 
travaux,  leurs  sacrifices  et  leurs  efforts  incessants  contribué  au  progrès  de  l'art  musical; 
combien  ils  ont  agrandi  son  domaine;  c’était  dire  quelle  haute  position  ils  ont  su  conquérir 
à  la  maison  qui  porte  leur  nom. 

11  nous  reste  à  faire  comprendre  les  progrès  qu’ils  ont  réalisés  dans  la  partie  matérielle  de 
leur  œuvre,  en  décrivant  les  perfectionnements  apportés  à  riustrument  primitif  dont  on  vient 
de  lire  l’Iiistoiro,  ainsi  que  l’organisation  intérieure  et  les  ressources  de  cotte  maison. 

Nous  écrivons  avec  la  conviction  que  donne  un  jugement  librement  porté  sur  des  œuvres 
qui  sont  devenues  un  élément  de  supériorité  artistique,  industrielle  et  commerciale  pour  la 
France;  par  ces  œuvres  elle  sera  dignement  représentée  à  ce  congrès  uuivei'scl  auquel  elle  a 
convié  toutes  les  nations. 


Ln  distance  ([iii  sépare  l’Aeconléon  du  l’iano-Lis/,l  existe  entre  le  modeste  étaldisseinent 
fondé  en  1820  par  M.  Alexandiu:  père  et  l'importante  mannfaelnre  dont  les  dessins  ci-joints 
peuvent  donner  une  idée. 

Ces  magasins  il’exposition  sont  de  vastes  entrepôts  (pii  eontiennent,  depuis  l'Orjjne  à  un 
jen,  jusqu’au  l’iano-ldszt,  pour  i)lus  de  îiOO.OOO  l'ranes  d’instruments  prêts  à  être  livrés. 


Les  matières  premières  destinées  à  la  l'aliricalion,  telles  «pie:  les  Lois  de  toute  es|ièce,  de 
toutes  les  essences  jiour  les  travaux  iiitérieui’s  et  ('xtêrieurs  d’êliêuisterie  ;  les  peaux  et  les 
feutres  (pii  formeront  les  sontllets  et  ipii  recouvriront  lossoupa|)es  et  les  marteaux  de  la  per¬ 
cussion;  les  cuivres,  qui,  laillf'sel  pidis,  se  IransformeronI  en  anches  libres;  l’ivoire  et  l'êhène 
ipii  deviendroul  d'éléqanis  claviei's;  les  étoffes  qui  rorouvriront  les  pédales,  et  les  soieries 
d('sliuées  à  renfermer  certaines  parties  de  rinstrument  en  en  laissant  é(diap|H‘r  les  sons; 
les  fei’s  qui,  sous  des  formes  multiples,  maintiennent  réunis  le  clavier,  les  sommiers  cl  la 
soulllcrie;  les  mille (dijels  de  détail  qui  conirilnieni  à  la  perfection  d'un  insiriimeni  aussi  com¬ 
pliqué  dans  sa  consirncliou  ipi  il  est  sim|ile  dans  son  principe;  toutes  ces  rnalii'rcs  premières 
a  l'état  brut  ou  df'jii  préparées  pour  être  enqdoyées  sons  les  formes  ipii  leur  conviennent, 
représcuicnt  environ  'iOO  inslriimenls  que  MM.  Alexandre  père  et  liissoni  toujours  prêts  à 
mettre  en  fabricatiou. 

Oiialre  cents  ouvTiei’s,  divisés  eu  dilféreuls  ateliers,  travaillent  sous  la  direction  immédiate 
de  conlre-maitres  surveillés  et  dirigés  par  uu  contre-maitre  chef,  M.  Frédéric  IIoület,  homme 
spécial,  dont  le  mérite  est  aussi  qrand  que  la  modestie,  et  qui  ne  relève  que  do  MM.  Alexandre 
pi're  et  lils,  qui  s’occupent  constamment  de  la  direction  et  de  la  surveillance  supérieures. 

Le  chiffre  annuel  des  alfaires  fut,  pour  la  maison  fondée  en  1829,  de  80,000  francs. 

Aujourd'hui,  eu  ISoîi,  ce  chilfre  s’est  élevé  à  1,800,000  fr.  par  an,  et  ce  n’est  pas  le  der¬ 
nier  mot  de  celte  industrie  toujours  croissante. 

Four  étendre  à  la  dernière  limite  possible  le  commerce  de  leur  maison,  .MM.  Alexa.ndre  père 
et  lils  n’ont  pas  reculé  devant  les  sacrifices  énormes  de  dépi’ds  faits  dans  toutes  les  parties  du 
monde  ;  ils  ont  établi  à  grands  frais  des  magasins  confiés  à  des  correspondants  dont  la  mission 
est  de  faire  naitre  et  de  développer  le  goût  de  l’instrument  nouveau  qui,  aujourd'hui  déjà, 
est  presque  l'instrument  universel.  Les  lu'itels,  les  établissements  de  bains,  les  bateaux  à 
vapeur,  les  salons  les  plus  aristocratiques  et  les  églises  les  |)lus  riches  comme  les  chapelles 
les  idus  pauvres  possèdent  ou  posséderont  bienfi'it  uu  tirgue  (I’Alexandre. 


Ft  pour  que  l'Art  profite  aussi  bien  que  l’Industrie  et  le  Commerce  de  celte  extension 


17 


immonsf'  donnée  ii  iinft  invontion  encore  si  nouvelle,  MM.  AiBSAMme  père  et  fils  ont  voulu 
que  ehiiqno  nrlisle  nynrit  su  sn  eréer  un  nom  qui  fût  la  qaranlie  de  son  mérite,  pût  étudier 
les  ressourees  si  variées  de  l’ftrjjue-Mélodium,  et  qu’il  pût  apporter,  par  un  travail  éclairé 
et  consciencieux,  sa  part  de  progrifi  à  l’muvre  commencée  si  heureusement. 

Pins  de  liiO  Mélodium.s,  Pianos  à  prolongement,  Pinnos-lVIélodiuin.s,  sont  confies 
aux  princi|iaux  virtuoses  et  com|)ositeurs  de  notre  époque,  tant  en  l'rance  qu’à  l'filranger. 

Les  éludes  de  ces  mnilres  de  l'arl  ne  larderonl  pas,  sans  doute,  à  donner  une  grande  impul¬ 
sion  n  la  propagation  de  l’Orgue  expressif  dans  (ouïes  les  branches  de  la  pratique  musicale. 

Ivniin  et  comme  pour  compléter  leur  (cuvto  en  encourageant  les  travaux  des  compositeurs, 
MM.  Alcxanuiuî  père  et  lils  achètent  et  [luldienl  les  morceaux  écrits  pour  leurs  instruments, 
cl  leur  catalogue  compte,  parmi  ceux  qui  y  sont  inscrits,  les  plus  grands  noms  de  notre 
époque. 

Maintenant  que  M.  A.  Adam  a  résumé  la  question  historique  et  que  nous  avons  rapidement 
esquissé  les  services  rendus  par  MM.  ALCx.AxnnE  père  et  lils  à  rinduslric,  en  créant  un  établis¬ 
sement  qui  occupe  plus  de  deux  mille  bras  et  fait  vivre  uu  nombre  considérable  de  familles  ; 
au  Commerce,  en  forçant  la  facture  étrangère  à  se  reconnaître  vaincue  dans  la  lutte  et  en 
l’obligeant  à  se  résigner  au  rôle  de  dépositaire  ou  à  s’abaisser  à  l’état  de  contrefacteur; 
maintenant,  qu’on  nous  permette  de  dire  quels  services  la  maison  .Uex.lxiire  père  et  fils  a  su 
rendre  à  l'Art  musical  en  créant,  en  quelque  sorte,  un  instrument  nouveau  dont  les  progrès 
et  les  développements  sont  dus  à  leurs  saeriüccs  infatigables. 

On  a  vu  quelles  ont  été  les  phases  différenles  des  débuts  de  l'anelie  libre  en  France, 
depuis  l’Orgue  expressif  do  M.  Gremé,  jusqu'il  l'application  du  mécanisme  des  Registres  qui 
réunit  plusieurs  instruments  en  un  seul.  Mais  arrivé  à  ce  degré  de  perfectionnement,  il 
restait  encore  beaucoup  à  faire. 

L’Orgue  expressif  parlait  lentement  et  dillicilement;  la  Percussion  vint  lui  donner  la  ra¬ 
pidité  et  le  brillant  du  Piano  en  empruntant  à  celui-ci  ses  marteaux  qui,  au  lieu  d’attaquer  une 
corde,  viennent  attaquer  l'ancbe  libre  et  la  mettent  instantanément  en  vibration;  l'action 
du  vent,  procédée  par  l’action  du  marteau,  n'a  plus  qu'à  continuer  la  vibration  du  son  dont 
l'émission  est  devenue  ferme  et  précise;  axec  la  Percussion  le  son  a  pris  une  énergie  et  une 
pureté  inconnues  jusqu’alore  à  l’anche  libre;  il  est  devenu  rond  et  plein,  de  grêle  et  do 
nasillard  qu’il  était  encore. 

La  lourdeur  et  la  trop  grande  puissance  des  Basses  déjà  à  peu  près  vaincues  par  1  effet  do 


5 


18 


Percussion,  dispanirciU  complélcment  par  l’applicalioii  du  re{;is(re  d'Exprcssioii  ;>  la  main. 

Ce  Uogislrc  étant  ouvert,  roxéciitant  peut  obtenir  tous  ces  degrés  de  Piano  ou  do  Forl«“ 
qu'il  désire,  en  appuyant  |)lus  ou  moins  sur  les  touches  des  IJasses  du  Clavi('r  dont  le  degia’ 
d'enfoncement  est  en  rapport  avec  la  |)ression  exercée  sur  elles;  la  |)arlie  sii|i(’‘rieure  ilu 
Clavier  ne  particii)e  en  rien  ii  cette  expression,  qui  reste  complètement  indépendante  de  celle 
qu'on  produit  à  l’aide  des  Soulllets  et  du  Hegistre  ordinaire  d 'Expression  aux  pédales. 

Mais  le  Piano  possédait  sur  l'Orgue  expressif  un  avantage  immense,  celui  de  laisser  perce¬ 
voir  encore  la  vibration  du  son,  même  après  que  la  touche  a  été  abandonnée  |)ar  l’exécutant, 
qui  peut  combiner  de  nouveaux  cH’cts  avec  ceux  qu'il  a  déjà  produits,  par  l’emploi  de  la 
Grande  Pédale. 

La  liberté  d’action  qui  eu  résulte  pour  le  Pianiste  a  créé  l’Ecole  moderne  dont  Liszt 
et  Tlialberg  ont  été  les  premiers  initiateurs,  et  dont  ils  sont  encore  les  |ilus  parfaits  inter¬ 
prètes. 

Obtenir  cette  prolongation  dn  son  de  l’Orgue  expressif,  était  un  problème  si  difficile  qu’il 
paraissait  insoluble;  il  fut  cependant  résolu. 

Le  charme  principal  do  l’emploi  de  la  grande  pédale  du  Piano  consiste  dans  cette  sorte  de 
vapeur  sonore,  dans  cette  espèce  d’harmonie  éolienne  qui  s’exhale  de  rinstrument  et  qui 
semble  planer  au-dessus  des  sons  que  l’on  entend,  comme  un  vague  souvenir  des  sous  que  l’on 
u’eutend  plus. 

Mais  cet  effet,  quelque  précieux  qu’il  soit,  n’est  que  bien  fugitif  et  il  no  saurait  remplacer 
et  encore  moins  continuer  1  expression,  dont  il  n’est  qu’une  sorte  de  mirage  rétrospectif. 

Le  Prolongement  fait  à  la  fois  plus  et  mieux  que  de  conserver  le  souvenir,  il  conserve 
intacte  l’impression  produite,  en  permettant  de  joindre  do  nouvelles  impressions  à  colle  qui 
pereisto  dans  toute  sa  puissance. 

Il  transforme  l’Orgue  expressif  à  Registres  on  un  véritable  orchestre,  dont  les  voix 
dillérentcs  peuvent,  sous  les  doigis  du  virtuose  et  à  l’aide  d’un  seul  clavier,  reproduire  toutes 
les  combinaisons  possibles  de  sons  soutenus,  pendant  que  les  mille  dessins  inspirés  jiar  la 
science  ou  par  la  fantaisie  parcourent  l’éclicllc  entière  dessous. 

Lu  simple  coup  do  genou  mettant  en  mouvement  un  mécanisme  presque  invisible' suffit 
à  produiic  cet  effet,  qui  double  la  valeur  de  l’instrument  primitif. 


1!) 


Doux  GcnoiiilItTcs,  l’iino  pour  los basses,  l’aulre  pour  les  tiessus,  allaqiiécs  en  même  temps 
que  l’iine  ou  plusieurs  îles  louelies  ilu  clavier,  permettent  aux  sons  proiluits  par  ces  touclies  de 
se  prolonijer  jusqu’à  ce  qu’un  nouveau  coup  frajq)é  sur  les  (jcnouillércs  vienne  les  faire 
cesser. 


I.e  .leu  d’aticlies  spécial  qui  [iroduit  le  Prolongement  étant  complètement  indépendant, 
riustrumentiste  jieut,  pendant  ce  ptulnnijemenl  d’un  ou  de  plusieurs  sons,  en  faire  entendre 
d’autres  dans  toutes  les  parties  du  clavier  et  avec  les  Itenistres  qu’il  lui  plait  d’employer. 

Si  le  serond  coup  frappé  sur  les  {;enouillért>s  pour  arrêter  l’etfet  do  prolongement  a  lieu 
en  même  temps  qu’on  attaque  une  ou  plusieurs  nouvelles  touclies,  on  détruit  instantanément 
le  premier  etfet  de  prolongement  jiour  le  remplacer  dans  le  même  moment  par  un  nouvel 
etfet. 

Par  ce  moyen  de  simplification  d'action,  un  seul  mouvement  de  la  genouillère  peut  faire 
cesser  et  renouveler  à  la  fois  relfet  du  prolongement. 

Si  la  pression  du  genou  sur  la  genouillère  est  prolongée  sans  interruption  pendant  qu'a 
lieu  l'attaque  successive  ou  simultanée  de  plusieurs  touches,  reffef  de  prolongement  se  pro¬ 
duira  pendant  toute  la  durée  de  celte  pression;  le  prolongement  se  continuera  après  l'abandon 
de  la  genouillère,  si  on  n'a  fait  que  la  quitter  sans  lui  imprimer  la  secousse  qui  produit  et 
arrête  à  la  fois  relfet  de  prolongement. 

La  Percussion,  PExpression  à  la  main  et  le  Prolongement  ont  porté  l'Orgme  expressif 
à  son  plus  haut  degré  de  perfection,  élevé  encore  par  une  facilité  et  une  légèreté  de  clavier, 
dont  le  double  échappement  d'Erard  avait  été  jusqu'à  présent  le  type  unique.  Sous  ce 
ra|)porl  encore  rOrgue-Mélodium  de  MM.  .VcEXCMmE  père  et  fils  n'a  plus  rien  à  envier  au 
Piano. 


Parvenu  à  ce  résultat,  .M.  Eu.  .Alexandre  fils  voulut  appliquer  le  Prolongement  au  Piano 
afin  do  combattre  et  de  détruire  la  sécheresse  de  ses  sons  à  peine  déguisée  par  l'action  de  la 
grande  pédale.  11  emprunta  le  mécanisme  de  l'Orgue,  puis  une  simple  rangée  de  lames  vi- 
hrantos,  sufiisant  pour  ]iroduirc  col  ell'et;  il  n’y  a  rien  do  changé  à  la  forme  du  Piano,  qui  n'est 
augmculé,  à  l’extérieur,  que  par  une  troisième  pédale,  qui  doit  être  mise  en  mouvement 
pour  alimenter  le  SouITlet  destiné  à  faire  parler  le  Prolongement. 

Dans  le  Piano  à  prolongement,  l’artion  de  la  corde  et  de  la  lame  vibrante  est  combinée 
dans  de  telles  conditions  de  simultanéité  et  de  timbre,  que  les  deux  sons  n'en  forment  qu'un 
seul  au  moment  de  l’attaque  delà  louche,  et  que  la  vibration  de  la  corde  venant  à  diminuer 


—  20  — 


(l’intensité  pour  cesser  bientôt  eomplotement,  le  son  de  l'anche  libre  qui  se  prolonqo  seul, 
est  tellement  identique  ù  celui  de  In  eorde,  qu'il  est  impossible  do  supposer  que  ce  ])rolon- 
gement  ne  soit  pas  dù  à  la  corde  elle-même  ;  nous  devons  féliciter  M.  bn.  Alexanuiuî  de  ce 
beau  résultat. 

L’emploi  et  l’effet  des  genouillères  étant  ici  exactement  le  même  (pie  dans  l'Orguo-Mélo- 
dium,  la  conséquence  de  celte  application  est  donc  de  permeliro  à  l’exécutant  de  soutenir  à 
un  degré  de  mezzo-forte  sulTisanl,  le  son  ou  les  sons  atta(|U('‘s  en  même  temps  que  l’une  ou 
l'autre  des  genouillères,  ou  que  toutes  deux  à  la  fois. 

Ce  système  s’adapte  à  tous  les  Pianos,  de  quelque  facteur  et  de  ipielque  forme  qu’ils  soient, 
sans  la  moindre  modification  extérieure,  et  moyennant  une  somme  peu  élevée. 

Enfin,  la  réunion  de  tous  ces  perfectionnements  prit  une  forme  nouvelle;  le  Piano-Liszt 
devint  la  synthèse  industrielle  du  nom  d’ALEXANDiu',.  Ce  magnifique  instrument,  réduit  à  des 
proportions  moins  grandioses  qui  permissent  de  le  rendre  d'un  usage  plus  général,  donna 
naissance  au  Piano-Mélodiiim. 

Le  Piano-Mélodium  a  deux  claviers  :  le  clavier  supérieur  pour  le  Piano,  le  clavier  infé¬ 
rieur  pour  l’Orgue. 

Le  Piano  reste  dans  scs  conditions  d’indépendance  complète,  conservant  toute  son  indi¬ 
vidualité. 

L’Orgue  avec  plus  ou  moins  de  Jeux,  selon  l’importance  que  l’on  veut  donner  à  l'instru¬ 
ment,  n’offre  de  différence  dans  ses  dispositions  extérieures  que  par  la  position  des  Registres, 
qui  sont  placés  à  gauche  (pour  les  Basses)  et  à  droite  (pour  les  Dessus)  au  niveau  du  clavier 
qui  conserve  son  étendue  de  cinq  octaves.  Le  registre  d’Expressiou  aux  pédales  se  trouve 
sous  le  clavier,  et  les  pédales  de  la  soufflerie  restent  dans  leurs  conditions  ordinaires. 

En  un  mot,  le  Piano-Mélodium  est  composé  de  deux  instruments  complets,  parfaitement 
indépendants  l’un  de  l’autre,  mais  qui,  par  leur  rapprochement  immédiat,  puisque  tous  deux 
sont  réunis  dans  une  même  caisse,  offrent  des  ressources  toutes  nouvelles  par  les  combi¬ 
naisons  infinies  quils  permettent  à  I  exécutant,  dont  la  main  gauche  sur  le  Piano  peut 
accompagner  la  main  droite  sur  I  Orgue,  après  avoir  fait  entendre  séparément  les  deux 
instruments.  L  Orgue  à  son  tour  peut  accompagner  de  scs  sons  larges  et  soutenus  les  traits 
légcis,  ra]iides  et  brillants  du  Piano,  et  l’on  comprend  la  richesse  inépuisable  de  cette  triple 
combinaison  de  doux  instruments  qui,  eu  se  prêtant  mutuellement  leurs  qualités  indivi¬ 
duelles,  se  complètent  admirablement. 


21 


Nous  ne  terminerons  pas  ce  rapide  ex|josd  des  perfectionnements  apportés  à  l’Org^uc 
expressif  pal’  MM.  Alexandre  pi're  et  (ils,  sans  les  remercier  de  nous  avoir  choisi  pour  le 
tracer. 

Qu'ils  nous  permettent  de  les  remercier  aussi  pour  les  progrès  qu’ils  ont  su  accomplir 
dans  cette  hranehe  de  l’art  ainpiel  nous  sommes  tout  dévoué. 

C’est  lin  hommage  de  reconnaissance  tout  artistique  que  nous  sommes  heureux  de  leur 
oiïrir. 


L.  F.  A.  I  RFLON. 


c 


ÏR0ISÏÉ3IE  PARTFE. 


Nous  devons  prévenir  le  public  que  nous  accordons,  en  outre  des  garanties  qu’une  orga¬ 
nisation  comme  la  notre  peut  offrir,  toutes  celles  qu’il  plaira  à  l'acquéreur  de  demander  par 
écrit,  soit  pour  échanger  plus  tard  son  iustriiment,  soit  pour  obtenir  les  additions  des  progrès 
qui  peuvent  survenir  dans  la  facture. 

Nous  croyons  utile,  pour  mettre  à  même  de  juger  les  perfectionnements  annoncés,  de 
donner  le  moyen  de  les  apprécier  par  soi-même;  ceci  vaudra  mieux  que  tout  ce  que  nous 
pourrions  dire. 


TABLEAU. 


INSTRUCTION. 


1. 


Chaque  Jeu  doit  avoir  les 
sous  d'une  égalité  parfaite 
comme  force  et  comme  tim¬ 
bre. 


Pour  vérifier  l'cgalitc  d'un  jeu  il  faut  souiller  a  vem 
ÉGAL  (le  registre  d’expreasion  aux  pédales  étant  fermé  ou 
poussé)  et  étudier  a\ec  soin  le  timbre  et  la  force  de  chaque 
son ,  comparé  au  précédent  et  au  .suivant ,  en  faisant  la 
gamme  chromatique  dans  toute  l'élendue  du  clavier. 


11. 


II. 


Chaque  Jeu  doit  avoir  un 
timbre  spécial,  qui  lui  soit 


Il  faut  répéter  sur  chacun  des  jeux  une  phrase  musicale 
très-courte  afinqu'ellc  puisse  sen  ir  à  comparer  les  timbres 


24 


TABLEAU.  INSTRUCTION 


pioprp  et  ([ui  le  ilistiiiyuc 
absnlumciil  de  (ous  les  autres 
en  SC  rappi’oelinnl  le  plus  pos¬ 
sible  de  rinsirumeul  auquel 
il  a  emprunté  son  nom. 

et  à  établir  leur  dill'éreuce.  On  devra  clicrclier  a  jouer 
cette  phrase  toujours  au  même  iliapason,  alin  (pie  la  com¬ 
paraison  des  timbres  soit  plus  facile,  et  pour  cela  il  faudra 
bien  se  rendre  compte  à  l'avauco  île  la  hauteur  réelle  des 
dilférents  ,leux. 

III. 

111. 

Les  SoiilHels  doiveni  être 

Pour  remplir  le  Réservoir,  faites  rnouvoii'  rajiidement 

l'ariles  à  mettre  en  monve- 

inent;  ils  doivent  fournir  lar- 

et  allernativemeni  les  pédales  (|ui  doivent  descendre  faci¬ 
lement  cl  sans  dureté  jusqu'à  la  position  horizontale,  et 

qenieiil  le  vent  et  le  conserver 
sans  perte  sensible  (le  rpf[islre 
d'Iîxpressioii  aux  Pédales 
étant  iwiissé  ou  fermé]. 

se  relever  d'elles-mènies  (l'és-vite  et  sans  bruit  d’aucune 
espèce;  le  liéservoir  étant  rem|ili  d'air,  les  |)édnles  doivent 
résister  avec  fermeté  et  sans  aucune  élasticité  à  la  pression 
du  pied. 

On  peut  comparer  la  puissance  do  doux  soulllerics  ditl'é- 
rentes  en  calculant  le  tcnipsque  nicttia  lovent  às’échajiper 
de  chacun  des  Résen  oirs  remplis  comme  nous  venons  de 
l’expliquer,  si  on  pose  le  doigt  sur  la  même  touche  de  cha¬ 
que  clavier  en  ouvrant  le  même  Registre  aux  deux  Orgues. 

IV. 

IV. 

La  Soufllcrie  d’expression 
(le  registre  d  Expression  aux 
pédales  étant  tiré  ou  ouvert] 
doit  être  de  la  plu?  grande 
sensibiUté  possible,  aOn  que 
i  liaque  degré  de  force  dans  la 
|iression  du  pied  sur  la  pédale 

SP  lasse  sentir  immédiatement 
dans  l'intensité  du  son. 

.\vec  une  bonne  SouITlcrie  d’expression,  le  Réservoir 
ayant  été  rempli  à  l’avance,  et  un  Registre  ayant  été 
ouvert,  vous  devez  obtenir  le  résultat  suivant  : 

Le  doigt  étant  placé  sur  une  touche,  et  un  son  se  pro¬ 
duisant,  ce  son  deiTa  cesser  inslantanémenl  lorsque  vous 
ouvrirez  (ou  tirerez)  le  registre  d’Expression  aux  pédales, 
pour  recommencer  à  se  faire  entendre  au  moment  même  où 
vous  fermerez  (ou  pousserez)  le  Registre  A’ Expression  aux 
/)éf/«te,  et  cela  sans  remettre  les  piedssur  les  pédales,  lèvent 
devant  tenir  au  moins  un  quart  d’heure  dans  le  Réservoir. 

V. 

V. 

Les  Registres  doivent  être 

Les  Registres,  pour  être  d’un  cm|)loi  facile,  doivent. 

25 


TAlil-KAI'.  mSïni'CTION. 


fiicilns  ù  ouvrir  ou  ù  fermer 
(c’est-à-diiü  à  tirer  ou  ù  pouH- 
ser]  ;  leur  mouvonipiit  doit 
cire  doux  cl  sans  bruit. 

après  s’étre  ouverts  sans  bruit  et  sans  frottement  qui  en 
liaraly.se  le  mouvement,  se  refermer  rapiilernent  sous  une 
légi'ie  pression  du  doigt.  I.e  choc  qui  se  produit  contre  la 
barre  qui  les  |Jorlc  doit  être  pres()ue  insensible,  excepté 
pour  le  Grand  Jeu  qui  devra  toujours  être  fermé  avec  soin, 
en  conduisant  le  bouton  de  liegistrc  juseju’à  la  barre. 

VI. 

VI. 

bo  Grand  .ïcii,  un  peu  plus 
ferme  que  chaque  Itegislro  iso¬ 
lé,  ne  doit  faire  aucun  biuit 
dans  ses  mouvemenLs  tiré  ou 

Ce  liegistrc,  qui  réunit  par  un  mécanisme  intérieur  fous 
les  autres  Registres  et  les  ouvre  ou  les  ferme  simulta¬ 
nément,  ne  peut  être  au.s.si  doux  que  les  Registres  isolés; 
son  emploi  demande  plus  de  précaution  pour  l'oumr  ou 

poussé. 

le  fermer  bien  complètement. 

VII. 

VII. 

Le  ClaTicr  doit  être  doux 
sans  mollesse,  ferme  sans  du¬ 
reté,  élastique  sans  raideur, 
et  d'une  égalité  parfaite. 

Les  qualités  du  Clavier  dépendent  à  la  fois  du  poids 
calculé  de  chaque  Touche  et  de  la  force  de  résistance  des 
différents  ressorts  qu  elle  met  en  mouvement.  L  égalité, 
la  netteté  du  jeu  de  l'exécutant  et  rémis.sion  du  son  dé¬ 
pendant  en  grande  partie  de  la  perfection  ilu  Clavier, 
nous  110  saurions  trop  recommander  un  examen  sérieux 
de  cette  qualité  indispensalile  à  un  bon  instrument ,  qui 
doit  éloigner  les  ressorts  du  jeu,  que  le  registre  inter¬ 
ceptant  le  vent  du  soiilllet,  indique. 

VIII. 

VIIL 

Les  différents  Jeux  doivent 
tous  parler  également  facile¬ 
ment,  et  avec  la  moindre  pres¬ 
sion  de  vent  po.ssiblc;  en  te¬ 
nant  compte  cependant  de  la 
différence  de  longueur  et  de 
largeur  des  lames  qui  les  com¬ 
posent,  leur  degré  de  facilité 

Emplissez  avec  soin  le  Réservoir  (  le  Registre  d'fi- 
pression  aux  pédales  étant  fermé)  afin  d'avoir  un  xent 
très-égal  et  le  moins  fort  possilde;  chaque  lame  d'un  même 
Jeu  doit  parler  aussi  facilement  que  celle  qui  la  précède 
ou  qui  la  suit.  N'oubliez  pas  cependant  que  les  n"  5 
parleul  plus  xite  que  les  n"  i;  que  les  n“  -i  parlent  mieux 
que  les  11“  1  et  que  les  n“  2  sont  toujours  les  plus  dilhciles 
à  mcltroeii  xibralion.  Observez,  surloiil,  que  les  Basses 

7 


TABLEAU.  INSTIIUCTION 


à  parler  devra  suivre  cette 
progression  :  n"’  5;  ir  1  et  ■'(, 
et  enfin  les  n"  2  des  Basses 

et  des  Dessus. 

de  chaque  Jeu  dépensant  plus  de  vent  que  les  Dessus,  vous 
devez  pro[inrtionner  la  vitesse  du  mouvement  de  Pédales 
il  la  gravité  des  sons  produits  par  les  lames  (|ue  vous 
examinez. 

IX. 

IX. 

Les  Développements  des 
divei-ses  parties  de  l'Orgue 
(Clavier ,  Sommier,  Soufjlerie] 
doivent  être  combinés  de  ma¬ 
nière  à  laisser  aborder  facile¬ 
ment  les  plus  petites  pièces 
de  l'instrument. 

Pour  qu’il  soit  facile  d'atteindre  jusqu’aux  plus  petites 
pièces  de  l'instrument,  il  faut  :  1'  (|uo  le  c/oiss/s  ijui  su|i- 
porte  le  pupitre  s’enli've  entièrement  ;  —  2“  que  la  table 
s’ouvTe  laissant  les  ressorts  du  Clavier  à  découvert;  — 
5”  que  le  châssis  qui  supporte  le  Clavier  l't  les  Registres, 
s’ouvre  et  s’élève  de  manière  à  laisser  conqdétement  à 
découvert  les  Soupapes  et  les  charnières  des  Registres;  — 
1”  que  le  Sommier  s’ouvre  pour  laisser  tous  les  .leux  (  ou 
rangées  de  lames)  à  découvert  ;  —  5"  que  le  dessus  du 
Soufjlet  laisse  voii'  le  dessous  des  Soupapes;  —  (P  c|ue 
l’intérieur  de  la  Chambre  à  air  puisse  également  s'ouvrir; 
—  7°  enfin  que  tous  ces  développements  puissent  avoir 
lieu  exactement  comme  dans  un  portefeuille,  en  n’ayant 
à  ouvrir  que  des  verroux. 

Ces  détails  sont  d’une  grande  importance  pour  faciliter 
l’entretien  de  l’instrument,  en  permettant  d’enlever  la 
poussière  ou  les  corps  étrangers  qui  pourraient  s’étre  in¬ 
troduits  par  le  Clavier  ou  p;u'  la  Soulllerie  dans  l’intérieur 
de  ses  différentes  parties. 

.Aucun  frisement  ou  vibra¬ 
tion  étrangère  ne  doitse  mêler 
aux  sons  des  différents  Jeux. 

Jouez  alternativement  et  brusquement  Forte  et  Piano 
(le  Registre  A’ Expression  aux  pédales  étant  ouvert  ou  tiré), 
en  renouvelant  l’expérience  sur  chaque  Jeu  et  dans  toutes 
les  parties  do  l’étendue  du  Clavier. 

XI. 

XL 

Les  Forte,  Ilegistresqui  dé- 

Recommencez  l’expérience  indiquée  au  premier  para- 

— 

ïaiii.kai  . 

I.NSTIII  CTIO.N. 

coiivr(MiU(!s/(rts««)(oii  lL's/Jes»UA 
lie  eei'taiiiH  Jeux,  ne  iloiveiit 
jamais  eliaiij'ei'  ni  le  liml/rc, 
ni  la  farce  il’anlri’s  jeux  i)ue 
celni  an(|nel  ils  son!  alleelés. 

i'iaphe,  en  ouvrant  et  fermant  alternativement  les  Forte 
des  n“  1  et  i,  pour  voir  s’ils  n’altérent  pas  le  timbre  ou  la 
force  des  Jeux  ir  3  et  L 

faites  de  même  avec  les  Forte  n”  3  et  4  pour  examiner 
les  Jeux  n“  1  et  i. 

XII. 

XII. 

Los  Basses  iloivent  èiro  un 
|)0U  mnins  |)uissanlcs  que  les 
Dessus,  alin  île  ne  jamais  les 

O  défaut  commun  à  tous  les  (iqjues  expressifs  est  cor- 
rijjé  par  l’emploi  du  Registre  d’Expression  à  la  main, 
qui,  lédiiisant  la  dé|ien.se  de  vent  des  Jtuues  sans  rien 

emivrir. 

(diani’er  à  celles  de /tmi/x,  rétablit  l’équilibre  et  permet 
même  à  la  flûte  seule,  dans  certaines  conditions,  do  do¬ 
miner  tous  les  Jeux  réunis  à  la  lia.sse  et  employés  en 
accords  plaqués.  |  Voyez  l'Art  de  l'Orgue  expressif,  ine- 
tbode  conqjletc  théorique  et  pratique  pour  le  Melodium 
à  Percussion ,  à  Expression  a  la  main  et  a  Prolongement. 
d'.\LEx.v\UBC  père  et  fils,  par  L.  f.  A.  fueuix,  iiag.  i"  et  3:>. 

XIII. 

XIII. 

Le  Timbre  iraueun  jeu  ne 

doit  èlrc  enivré. 

La  divers! tédesTinibrcs  ne<loit  pas  xenir  de  1  épaisseur 
des  parois  du  Sommier,  ce  qui  nuirait  a  la  force  du  f.raml 
Jeu;  celui-ci  doit  toiijoiu's  être  plein,  rond  et  ferme, 
même  dans  les  Dessus,  les  Forte  étant  ouverts,  et  la  Snuf- 
llerie  étant  employée  dans  toute  ,sa  puis.sancc. 

XIV. 

XIV. 

Le  Son  doit  être  rond  et 
plein  dans  les  jeux  n"  1  et  2  ; 
il  doit  être  plus  c/air  et  plus 
dans  les  .leux  n°‘  3  et  -i. 

Les  timbres  des  n“  1  et  i,  3  et  4  peuvent  devenir  j.lus 
mordants  en  ouvrant  les  Forte  qui  leur  correspondent. 

ALEWXnnf  l’ÈKE  H'  fn.s, 

Inmleurs  ilc  fOruue-iléMium. 

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ATELIERS  DE  LA  FINITION  OkS  INSTliUMENTS  P  ARTISTES  ^  ^ 

Rue  Mrslay39,i'ans 


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MEMNiHE  [PÈKE  â  IFDIS  DWEOTEDM  œ|  1L-(D)|RE11JE  RSEWœDOJBI 

FAÇADE  DES  ATEIJEHS 
Riiü  Pierre  Leveè' 


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EÉ^E  t  ED  [LS  QÎ^WËI^TEtU^S  DE  rûEiiÜE  lEEMDM 

VUE  D  '  UNE  PARTIE  DES  ATELIERS  ET  DE  LA  MACHINE  A  VAl'EUH 
Rvie  Pierre  Levée,  9  Pans 


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N°:’  I.E  S  4  6.7  Modèles  d'Or^ues  welodium 
avec  ou  sans  percussion  expression  à  la  mam , 
prolongement  etc.  etc 

N"  10  PIANO  MELODLUM, 

fait,  pour  l'EAposition  1856 

Pour  M''Tba!her^  .  .  .sur  un  Piano  Erard. 
Pour  M'’Lerekire  Welj,  .  i°  Pk'/el 

Pour M'".” Dreyfus .  .  ..  d°  ..Bord 

Avec  Système  Martin  de  Provins, 


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9.iz?o.-